Attends !

Dans la classe maternelle de ma fille, on pouvait s’asseoir sur les bancs le matin et lire un livre pour aider le jeune enfant à quitter sa maman.
Ou l’inverse.
J’en ai un souvenir doux.
Sans doute l’idée de la mère parfaite, sûrement la chaleur de ma fille contre moi.
Et ces ultimes minutes avant de se quitter.

Dans un des nombreux livres lus sur ce banc un matin de semaine,
je me souviens d’une petite fille qui combattait ses cauchemars.

Elle s’asseyait sur une malle avec sa peur emprisonnée dedans.
Et sur la page d’après, il ne se passait rien.

On la voyait assise sur sa malle, les jambes dans le vide.

Le dessin était délicat. Elle flottait presque. En dessous, il y avait une phrase :

Elle attend que la formule agisse.

Attendre

Le temps et moi, c’est du « Je t’aime moi non plus » à volonté. Il me tourmente.

Je te donne. Je te prends. Je te cherche. Je te négocie. Je te cadre, te planifie, je te remplis.
Tu me manques. Tu me vieillis, tu me flétris, tu me glisses dessus.

Je t’espère, je te regrette.  Je te déplore.
Je t’emmer…
Je te hais.

Alors attendre ! Imaginez…
Pas gagné.

Patience

Il y a deux ans, j’ai reçu en cadeau dans ma boite mail,  une citation de Herman Hesse, un écrivain allemand que je ne connaissais pas. Je la relis souvent.

La patience est la chose la plus difficile et la seule qu’il vaille la peine d’apprendre. Toute nature, toute croissance, toute paix, tout épanouissement et toute beauté dans le monde reposent sur la patience, ont besoin de temps, ont besoin de silence, ont besoin de confiance.

« …la seule qu’il vaille la peine d’apprendre »
?!!

Aprenti-sage

Peu à peu, j’apprends. À attendre.
Je calme l’impatience – sans la tromper
je prends l’attente de face – sans crisper.
Et si vraiment, le temps est un allié ?

Nouvelles lenteurs

J’apprends l’éloge de la lenteur en imitant ceux qui m’inspirent.
Je promeus cette latence généreuse dans les missions que je vends.
Non au temps masqué dans les gestions de projet,
oui à l’attente pour incuber, s’imprégner, faire éclore les idées, les raconter
et les polir avec des mots.

Il y a deux jours, avec Alice, nous avons dit au dirigeant de prendre du temps au départ pour réussir avec l’équipe.

Aller moins vite & aller ensemble.
Aller moins vite & aller mieux.

En formats collectifs, le temps accordé aux équipes permet la coopération, favorise l’ancrage,
agrandit le rayonnement, génère les grandes réussites.

La formule agit.

Présent re-composé !

Laisser filer le temps, accueillir l’imprévu, traverser la lenteur, ajuster son pas.
Je change l’allure, me corrige, teste un autre tempo. Je change de temps. Je choisis l’imparfait (pour me soigner).
Et le présent.  Bien sûr. Apprentissage encore…

Lentement, je finis par comprendre. Ne pas confondre l’ennui et la patience. Le temps ne me doit rien. Il n’est pas à moi.

Comme le Petit Prince et son renard* j’apprivoise le temps pour m’en faire un ami.

Comme pour ces équipes qui aiment leur entreprise,
ces clients qui choisiront l’achat parfait,
ces dirigeants qui veulent se faire comprendre,
ces cicatrices qui changent de couleurs.

Comme avec ma fille sur ce banc de classe. Et comme avec mon fils.

Souvent, quand rien ne bouge,

la formule peut agir.

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